Chronique du Paris apache (1902-1905)

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Casque d'or
Eugène Corsy

Chronique du Paris apache (1902-1905)

Mémoires de Casque d'or (1902) - La Médaille de mort d'Eugène Corsy (1905)

06/11/2008
- ISBN : 9782715228627
- 252 pages
- 140 x 205 cm
- 17,50 €

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Présentation

     Ces deux récits présentent les agissements (violents) et les figures (inquiétantes et fascinantes) des Apaches, ces bandes de jeunes gens, les «sauvages» selon les termes de l’époque, vivant aux marges de la loi dans le Belleville des débuts du XXe siècle, étroitement surveillés par la police mais s’affranchissant des règles par le vol, le coup de couteau, l’usage du revolver, la vie du milieu, l’organisation de la prostitution et du racket.
     Les Mémoires de Casque d’or ont été recueillis dans le journal Le Fait divers en 1902, au moment où Amélie Elie, égérie des Apaches, prostituée célèbre, amante de deux chefs rivaux, Manda de la Courtille et Leca de Charonne, est déjà devenue une figure du folklore parisien. Elle y raconte sa vie de manière vivante et imagée, insistant sur ses amours et l’atmosphère au sein de la communauté des hors-la-loi.
La Médaille de mort, écrit en 1905, fait récit détaillé de la mort d’un jeune policier, Joseph Besse, assassiné par un souteneur et sa prostituée d’un coup de revolver à bout portant à la sortie d’un café de la rue des Amandiers, à Charonne. C’est un bandit connu des services de police, et le narrateur est un gardien de la paix, Eugène Corsy. L’assassin, arrêté, jugé, échappera de peu à la guillotine.

     Ces deux textes proposent deux points de vue différents sur ces bandes du milieu parisien de la Belle Epoque. Celui de la police, dans La Médaille de mort, moral, descriptif, cherchant à culpabiliser les fauteurs de trouble et à rendre hommage au policier assassiné : ce point de vue illustre une demande grandissante de sécurité, la construction d’un martyr, et une dénonciation assez paranoïaque de la montée du péril « barbare ». Par contraste, Les Mémoires de Casque d’or, font naître une mythologie du Paris canaille, justifient les actions des Apaches, décrivent leur vie de tous les jours, les dangers encourus, l’organisation, la hiérarchie, le sens de l’honneur, les amours, et croquent ce Paris Belle Epoque dans la langue argotique employée dans le Ménilmontant populaire.
Ces deux récits sont littéraires, le premier sur le mode du compte-rendu de fait divers, mimant la presse du moment ; le second sur celui des mémoires du peuple, parole populaire mise en forme par un journaliste d’un hebdomadaire à succès.
L’intérêt de ces textes croisés est de faire revivre un certain Paris oublié, son espace et sa topographie, ses cafés et ses caches, ses habitudes, ses métiers, ses mots, ses milieux divers, sa dangerosité, son souhait de sécurité et en même temps son besoin de folklore hors-la-loi. Comme si la ville et ses habitants éprouvaient tout à la fois le désir de se faire peur et le besoin de se rassurer.

Du même auteur

 
Chroniques du Paris apache (1902-1905) (p)


 

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Événement

Grand Prix de poésie du Ministère de la Culture et de la Communication à Franck Venaille

Prix

Franck Venaille, GONCOURT DE LA POESIE 2017